Le terme « mont-de-piété », issu d’une mauvaise traduction de l’italien monte di pietà (« crédit de charité »), renvoie à une pratique ancienne de prêt sur gage, présente dans de nombreuses civilisations mais longtemps freinée par l’interdiction religieuse de l’usure, établie dès le concile d’Elvire (306-312) puis renforcée durant tout le Haut Moyen Âge. À partir du XIIᵉ siècle, cette prohibition s’assouplit et diverses initiatives apparaissent pour offrir des prêts à taux modérés, parfois soutenues par l’Église. Les premiers établissements proches du mont-de-piété émergent ponctuellement, comme en Bavière en 1198, tandis que Lombards et banquiers juifs gardent le monopole de l’usure. Une véritable tentative institutionnelle survient au XIVᵉ siècle à Salins, puis, au XVIIᵉ siècle, les archiducs Albert et Isabelle organisent dans les Pays-Bas méridionaux un réseau structuré de monts-de-piété — supervisé par Wenceslas Cobergher — avec quinze créations entre 1618 et 1633 (dont Bruxelles, Anvers, Gand, Lille, Douai, Namur, etc.). Plusieurs de ces établissements perdurent ou ont laissé des bâtiments notables, comme ceux de Bruxelles, Lille, Namur ou Liège.