Karol Szymanowski (1882-1937), considéré comme le deuxième plus grand pianiste polonais après Chopin, a créé des œuvres universelles à caractère national. Né à Tymoszówka, dans une famille noble attachée à la culture, il a appris le piano avec son père et son oncle Gustav Neuhaus, tout en suivant des cours de composition avec Zygmunt Noskowski, mais il était avant tout autodidacte. Ses premières compositions pour piano, influencées par l’étranger, attirèrent l’attention d’Artur Rubinstein, qui devint son ami et promoteur, aux côtés du violoniste Paweł Kochański.
Pendant la Première Guerre mondiale, Szymanowski développa un style proche de l’impressionnisme français, illustré par le poème Mythes et le Concerto pour violon n° 1. Ses voyages en Italie et en Afrique du Nord éveillèrent son intérêt pour les cultures antiques et orientales, influençant des œuvres comme la Symphonie n° 3, Métopes, Chants colorés du Muezzin et l’opéra Le Roi Roger.
Après la révolution ukrainienne, sa famille s’installa à Varsovie. Szymanowski devint doyen du conservatoire de Varsovie, mais ses réformes échouèrent et sa santé se détériora. À Zakopane, il s’imprégna des musiques traditionnelles des montagnes, donnant naissance au ballet Harnasie, aux Chants de Kurpie et à la cantate Stabat Mater.
Dans ses dernières années, confronté à des difficultés financières, il voyagea pour se produire, composant notamment la Symphonie n° 4 et un concerto pour piano, marquant la maturité de son style alliant lyrisme et virtuosité.