Bronisław Piłsudski (1866–1918), frère du maréchal Józef Piłsudski, était un exilé polonais, ethnographe et défenseur des peuples indigènes, surnommé le « roi des Aïnous ». Né en Lituanie, il étudia le droit à Saint-Pétersbourg mais fut condamné à quinze ans de travaux forcés sur l’île de Sakhaline pour sa participation à un complot contre le tsar Alexandre III. Sur Sakhaline, il occupa divers emplois, mais se consacra principalement à l’étude et au soutien des populations autochtones aïnous, oroks et nivkhs, documentant leur langue, leur culture et leurs traditions grâce à des méthodes innovantes et en créant des écoles pour eux. Ses liens personnels et familiaux étroits avec les indigènes lui permirent de décrire leurs coutumes, pratiques chamaniques et folklore. Après avoir quitté Sakhaline en 1905, il poursuivit ses recherches ethnographiques au Japon, aux États-Unis et en Pologne, contribuant également aux études dans la région de Podhale, avant de s’installer en France pendant la Première Guerre mondiale, où il se suicida en 1918. Piłsudski laissa un vaste corpus scientifique multilingue, aujourd’hui préservé et célébré internationalement à travers des publications, monuments, instituts, conférences et hommages commémoratifs pour ses contributions à l’ethnographie et à la préservation des cultures indigènes.