Jan Twardowski (1915–2006), prêtre polonais qui se définissait comme « un prêtre qui écrit des poèmes », a grandi dans une famille multigénérationnelle aimante qui a nourri sa sensibilité, influencée par les vacances à la campagne et ses lectures précoces, notamment Hans Christian Andersen. Après avoir commencé des études de polonais à l’Université de Varsovie, sa formation fut interrompue par la Seconde Guerre mondiale, durant laquelle il participa à l’Insurrection de Varsovie et fut blessé deux fois. Il acheva ensuite ses études, rédigea un mémoire sur Juliusz Słowacki et fut ordonné prêtre en 1948, exerçant dans diverses paroisses et enseignant la religion, en particulier aux enfants et aux personnes marginalisées, et se faisant connaître pour son style pastoral accessible. Twardowski écrivit des poèmes toute sa vie, dès l’école, publiant après la guerre dans des périodiques et dans des recueils mêlant langage simple, réflexion philosophique et théologique, humour, ironie et observations de la vie quotidienne ; ses vers devinrent souvent des aphorismes, valorisant la foi, l’espérance, l’amour et l’acceptation de la souffrance. Il publia également des livres pour enfants très appréciés, résista aux tendances littéraires et resta authentique et indépendant. Ses œuvres, traduites en plusieurs langues, furent célébrées par toutes les générations, et il reçut de nombreux prix et distinctions, dont le titre de Chevalier de l’Ordre du Sourire et un doctorat honoris causa. Ses derniers recueils et écrits, dont son autobiographie, reflètent ses méditations sur Dieu, la nature, la vie, l’amour, la souffrance et le rôle du clergé, faisant de lui l’un des poètes, penseurs et guides moraux les plus admirés de Pologne.