Zofia Stryjeńska (1891–1976), l’une des artistes polonaises les plus célèbres et reconnaissables, s’est illustrée par ses représentations vibrantes du folklore et des traditions nationales. Formée à Cracovie et à Munich, elle connut très tôt le succès grâce à des œuvres telles que Contes polonais, Divinités slaves et Les Quatre Saisons, remportant notamment plusieurs Grands Prix à l’Exposition internationale des arts décoratifs de Paris en 1925. Malgré sa renommée, sa vie personnelle fut marquée par la souffrance : son mariage avec l’architecte Karol Stryjeński fut source d’humiliations et de scandales, qui laissèrent des traces profondes. Artiste aux multiples talents — peintre, illustratrice, décoratrice et créatrice de décors de scène —, elle développa un style reconnaissable entre tous, fondé sur des formes stylisées, des compositions rythmées et une approche humoristique du folklore. Surnommée la « princesse de l’art polonais », elle lutta pourtant toute sa vie contre l’instabilité financière et affective, cherchant avant tout l’amour et la paix intérieure. Ses mémoires publiées à titre posthume, Notre pain presque quotidien (1995), révèlent son esprit vif, son humour subtil et une vision d’elle-même à la fois lucide et empreinte de simplicité.